Psychologie / Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent
Psychologie Couverture du livre Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent de Stephen R. Covey

Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent

Stephen R. Covey

Ce livre propose une méthode structurée pour développer des habitudes efficaces et construire une vie équilibrée. Il met l'accent sur la responsabilité personnelle et l'amélioration continue, et aide à organiser ses priorités, à renforcer sa discipline et à adopter des comportements qui rapprochent de ses objectifs.

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De l'intérieur vers l'extérieur

Au cours de mes vingt-cinq années de carrière, j'ai côtoyé des employés, des cadres, des universitaires, des couples et des familles. J'ai rencontré des individus qui avaient atteint un degré de réussite extérieure incroyablement élevé. Or, la plupart d'entre eux luttaient dans la vie avec une sorte de soif intérieure, un profond besoin de justice, d'efficacité, et de relations enrichissantes.

J'imagine que certains des problèmes qu'ils m'ont confiés ne vous sont pas totalement étrangers.

Je me suis fixé des objectifs professionnels et je les ai atteints. Ma carrière est un formidable succès, mais pour cela, j'ai dû sacrifier ma vie privée. Je ne vois plus ma femme, ni mes enfants. Je ne suis même pas sûr de savoir qui je suis et ce qui compte vraiment pour moi. J'en suis arrivé à me demander si tout cela en valait bien la peine.

Je viens de commencer un nouveau régime, pour la cinquième fois de l'année. Je sais que je suis trop gros et qu'il faut absolument que cela change. Je m'informe, je me fixe des objectifs, je me motive en adoptant un état d'esprit positif, en me disant que je peux y arriver. Mais je n'y arrive pas. Après quelques semaines, je laisse tout tomber. J'ai l'impression que je ne suis pas capable de tenir les promesses que je me fais.

J'ai suivi des dizaines de séminaires de management. J'attends énormément de mes employés et je fais beaucoup d'efforts pour être agréable et juste envers eux. Mais je ne ressens aucun dévouement de leur part à mon égard. Je crois que si j'étais en congé de maladie, ils passeraient leurs journées à bavarder près du distributeur de boissons. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à leur donner envie d'être responsables et indépendants, ou au moins à trouver des employés qui le soient ?

Mon fils a seize ans. Il conteste tout et il se drogue. J'ai tout essayé, il ne m'écoute pas. Que puis-je faire ?

Il y a tant de choses à mener à bien et si peu de temps. Je me sens nerveux et harassé en permanence, tous les jours, sept jours sur sept. J'ai participé à des séminaires de gestion du temps et j'ai essayé une bonne demi-douzaine de façons différentes d'organiser ma journée. Cela m'a un peu aidé, mais je ne vis toujours pas la vie heureuse, productive et tranquille que je désirerais.

Je voudrais enseigner à mes enfants la valeur du travail. Mais pour qu'ils fassent la moindre chose, je dois les surveiller d'encore plus près… et supporter leurs jérémiades à chaque nouvel effort. Il m'est beaucoup plus facile de tout faire moi-même. Pourquoi les enfants ne peuvent-ils pas travailler avec entrain et sans qu'on ait à les rappeler à l'ordre ?

Je suis très occupé, toujours pris. Mais parfois, je me demande si tout ce que j'accomplis apportera quelque chose à long terme. J'aimerais pouvoir penser que ma vie a un sens, que j'ai laissé ma trace, mon empreinte quelque part…

Lorsque je vois mes amis ou des membres de ma famille réussir et recevoir des récompenses, je souris et je les félicite avec enthousiasme. Mais intérieurement, je fulmine. Pourquoi eux ?

J'ai une personnalité très forte. Je sais que, dans mes rapports avec les autres, je peux avoir une action déterminante sur l'issue des discussions. La plupart du temps, je réussis à amener mon interlocuteur à accepter la solution que je propose. Je sais que j'ai bien réfléchi à tous les cas de figure et je suis convaincu que ma solution est la meilleure pour tout le monde. Mais je me sens mal à l'aise. Je me demande sans cesse ce que les autres pensent réellement de moi et de mes idées.

Mon mariage est un échec. Nous ne nous disputons pas, mais nous ne nous aimons plus. Nous avons consulté un psychologue, essayé pas mal de trucs, mais j'ai bien l'impression que nous n'arrivons plus à ranimer les sentiments que nous avions l'un pour l'autre.

Ce sont là des problèmes graves, douloureux, des problèmes qui ne peuvent pas se résoudre par un simple rafistolage.

Il y a quelques années, ma femme Sandra et moi-même nous trouvions confrontés à ce genre de difficultés. L'un de nos fils vivait un moment difficile à l'école. Il obtenait de très mauvaises notes. Lors des interrogations, il ne comprenait même pas les données des problèmes. En groupe, son immaturité embarrassait souvent ses proches. Physiquement petit et chétif, il manquait de coordination dans ses gestes : au base-ball, par exemple, sa batte roulait toujours la balle et ses camarades se moquaient de lui.

Ma femme et moi mourions d'envie de l'aider. Pour nous, s'il était important de réussir dans tous les domaines de la vie, le plus important s'avérait de réussir notre vie de parents. Nous avons donc modifié notre comportement envers lui et essayé de modifier le sien. Nous le motivions par des techniques d'encouragement : « Allez, vas-y ! Tu en es capable ! Nous savons tous que tu peux y arriver. Remonte tes mains sur la batte et ne quitte pas la balle des yeux. Ne frappe pas avant qu'elle soit sur toi. » Quand il progressait un peu, nous renforcions nos encouragements : « C'est bien ! Bravo ! Continue comme ça, allez, vas-y ! »

Si ses coéquipiers se moquaient de lui, nous les sermonnions : « Laissez-le tranquille et arrêtez de ricaner, il apprend. » Mais notre fils commençait à pleurer, à répéter qu'il n'y arriverait jamais et que, de toute façon, il n'aimait pas le base-ball. Rien de ce que nous entreprenions ne semblait l'aider et nous étions sérieusement inquiets. Nous nous rendions compte des conséquences que tout cela aurait sur sa personnalité. Nous avons essayé de l'encourager, de l'aider, de nous montrer positifs. Cependant, après plusieurs échecs, nous avons abandonné cette méthode et cherché à voir la situation sous un autre angle.

À cette époque, ma vie professionnelle m'amenait à travailler avec divers clients sur l'art de diriger. Je préparais des séminaires bimensuels sur la communication et la perception pour un programme d'IBM en vue de perfectionner l'encadrement.

Dans mes recherches pour la préparation de ces exposés, je commençais à m'intéresser tout particulièrement à ce qui entre en jeu dans nos perceptions et à la manière dont ces perceptions influencent notre façon de voir les choses. Il m'apparut que notre vision du monde induit notre comportement. Cela m'entraîna à étudier une théorie fondée sur nos attentes et la réalisation de soi, ou « complexe de Pygmalion ». Je réalisai à quel point nos perceptions sont profondément ancrées en nous. Je compris qu'il nous fallait observer ce filtre à travers lequel nous regardons le monde, tout autant que le monde que nous voyons. Car c'est ce filtre qui façonne notre interprétation du monde.

Ma femme et moi discutions souvent des concepts que j'enseignais chez IBM et de notre propre situation. Progressivement, nous avons réalisé que l'aide que nous apportions à notre fils n'était pas en harmonie avec l'image que nous avions de lui. En regardant honnêtement au plus profond de nous-mêmes, nous nous sommes aperçus que nous considérions notre fils comme un enfant médiocre, voire « inadapté ». Nous avions beau réfléchir sur notre attitude vis-à-vis de lui, nos efforts restaient sans effet car, en dépit de nos actions et de nos paroles, nous lui communiquions qu'il était incapable et qu'il avait besoin d'être protégé. Nous nous sommes rendu compte que si nous voulions changer cette situation, nous devions d'abord nous changer nous-mêmes. Et pour changer réellement, il nous fallait modifier nos modes de perception.

L'ÉTHIQUE DE LA PERSONNALITÉ ET L'ÉTHIQUE DU CARACTÈRE

À la même époque, outre mes recherches sur la perception, je m'étais lancé dans l'étude des ouvrages sur la réussite, parus aux États-Unis depuis 1776. Je lisais et dépouillais des centaines de livres, articles et essais traitant de ce sujet ainsi que du perfectionnement de soi, de la psychologie courante et de l'accomplissement personnel. Je tenais entre mes mains la substance et l'intégralité de ce qu'un peuple libre et démocratique considère comme les clefs d'une vie réussie.

Mes recherches m'avaient révélé quelque deux cents années d'écrits sur la réussite. En les lisant tous, je remarquai avec étonnement leur point commun. Face à l'épreuve que ma famille traversait et les tourments similaires que j'avais observés dans la vie et les récits de nombreuses personnes, j'avais de plus en plus le sentiment que toute la littérature parue ces cinquante dernières années à ce sujet était superficielle. Ces livres prônaient la nécessité d'avoir une bonne image sociale. Ils proposaient des recettes et des rafistolages, des emplâtres, des remèdes miracles censés guérir des maux graves. Certes, ils semblaient parfois le faire temporairement, mais ils laissaient en fait les problèmes chroniques suppurer et resurgir encore et toujours.

La littérature des cent cinquante premières années mettait tout au contraire l'accent sur ce que nous pourrions appeler « l'Éthique du caractère » pour justifier la réussite : intégrité, humilité, fidélité, sobriété, courage, justice, patience, application, simplicité, modestie et croyance.

L'Éthique du caractère enseignait qu'il existe des principes de base pour une vie fructueuse et affirmait que le seul moyen de réussir sa vie et de trouver le bonheur consistait à connaître et à intégrer ces principes à notre caractère.

Cependant, peu après la Première Guerre mondiale, l'explication des fondements de la réussite bascula de l'Éthique du caractère à ce que nous nommerons « l'Éthique de la personnalité ». Le succès était désormais fonction de la personnalité, d'une image publique, d'attitudes et de comportements, de talents et de techniques qui lubrifiaient les processus d'interactions humaines. Cette Éthique de la personnalité s'appuyait sur deux formes principales : d'une part des techniques applicables aux rapports entre individus, d'autre part un état d'esprit positiviste qui inspira quelques maximes bien connues comme « Vouloir c'est pouvoir » ou « Sourire à la vie et la vie vous sourira ! »

Toutefois, certains côtés de l'Éthique de la personnalité tendaient clairement à la manipulation, voire à la duperie, et incitaient à utiliser ces techniques pour se faire aimer, par exemple prétendre s'intéresser aux hobbies d'un interlocuteur pour obtenir de lui ce que l'on désire, ou encore inspirer une impression de puissance pour se frayer un chemin dans la vie par l'intimidation.

Quelques ouvrages reconnaissaient que le caractère est un des facteurs de réussite, mais n'insistaient sur son rôle en tant que base et catalyseur de nos actions. Toute référence à l'Éthique du caractère n'était alors que simulacre, les véritables leitmotive restaient les techniques d'influence miracle, stratégies de domination, tactiques de communication et attitudes positives.

Je commençais à me rendre compte que dans cette Éthique de la personnalité résidait la source inconsciente des solutions que ma femme et moi tentions d'appliquer pour notre fils. Plus je réfléchissais à la différence entre ces deux éthiques, plus je réalisais que Sandra et moi étions habitués à bénéficier, dans notre vie sociale, des fruits produits par le comportement de nos enfants. Et cet enfant-là n'était pas à la hauteur. L'image que nous nous faisions de nous-mêmes, de notre rôle de parents attentionnés et efficaces, nous marquait plus intensément que celle que nous avions de notre fils. Peut-être même déteignait-elle sur celle-ci. La façon dont nous étudiions et traitions le problème révélait bien plus que notre seule envie de voir notre fils bien dans sa peau.

À mesure que nous en discutions, ma femme et moi prenions douloureusement conscience de l'influence massive de nos caractères, de nos intentions et de la manière dont nous percevions notre fils. Nous savions que ces comparaisons sociales ne correspondaient pas du tout à nos véritables valeurs, qu'elles pouvaient mener à un amour « sous conditions » et incitaient en fin de compte notre fils à sous-estimer sa propre valeur. Nous avons donc décidé de concentrer nos efforts sur nous-mêmes, non pas sur nos techniques, mais bien sur nos intentions profondes et sur nos perceptions. Au lieu de tenter de changer notre fils, nous avons essayé de...

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