Finances / La chèvre de ma mère
Finances Couverture du livre La chèvre de ma mère de Ricardo Kaniama

La chèvre de ma mère

Ricardo Kaniama

Ce livre raconte un parcours marqué par des débuts modestes et une forte volonté de réussir. À travers son histoire, l'auteur partage de nombreuses leçons de vie et met en lumière l'importance d'une bonne gestion de l'argent. Il invite le lecteur à adopter une mentalité tournée vers la création de richesse et à croire en sa capacité à transformer sa situation, quelles que soient ses origines.

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Introduction

Enseignant aux autres, j'ai fini par beaucoup apprendre sur les raisons pour lesquelles nombreux sont et demeurent pauvres malgré leurs efforts pour sortir de la misère. D'un côté il y a l'illusion d'avoir été formé à l'école sur les finances personnelles et de l'autre le manque de fonds. Beaucoup ont des rêves et des projets valables, mais pas d'argent pour les concrétiser. Évidemment, que pouvez-vous vraiment faire dans ce monde d'aujourd'hui sans un sou en poche ? Cependant, si les fonds sont nécessaires pour la concrétisation de nos projets, que faisons-nous pour les obtenir ? Généralement rien du tout, sinon attendre passivement qu'ils tombent un beau jour de quelque part. Malheureusement, cela n'arrive jamais. D'ailleurs, d'où viendraient-ils ?

J'ai rencontré de jeunes gens de moins de trente ans qui espèrent des fonds pour réaliser leurs beaux rêves. Bon, ils sont encore jeunes. Si, à leur âge, ils ne les trouvent pas, ils se disent que ce sera peut-être le cas à la trentaine. Par un heureux hasard, ils obtiendront l'argent tant espéré !

J'ai également côtoyé des trentenaires qui attendent patiemment des fonds depuis leurs vingt ans. Peut-être se disent-ils « Si nous ne les trouvons pas maintenant, nous les trouverons à la quarantaine ou à la cinquantaine. »

Pourtant, j'ai aussi croisé des individus de quarante et cinquante ans, pauvres et humiliés par leur situation, qui affirment que « s'ils avaient eu des fonds, ils n'en seraient pas arrivés là ». Ils ont attendu ces derniers durant toute leur vie et les attendent encore aujourd'hui ! Qui sait ? Patientent-ils en vain ou obtiendront-ils finalement cet argent lorsqu'ils n'auront plus de force pour entreprendre quoi que ce soit ?

Vraisemblablement, le malheur de nombreux vient du fait qu'ils attendent l'argent à vie. Ils ne comprennent pas qu'avant eux plusieurs ont fait de même et ont achevé leur vie dans la pauvreté.

En Afrique, j'ai rencontré des auditeurs qui affirment attendre des fonds de démarrage provenant de leur famille résidant en Europe. Et en Europe, lors de mes conférences et voyages, j'ai discuté avec des immigrés qui prévoient de rentrer en Afrique une fois l'argent reçu. C'est paradoxal !

Et vous-même, cher lecteur, avez-vous besoin d'un capital pour vous lancer ? L'attendez-vous aussi ? Depuis combien de temps ? Un, cinq, dix, quinze ans ? Patienterez-vous encore pendant combien de temps ? De qui espérez-vous l'obtenir ?

Quant à moi, je fus l'une de ces personnes qui attendirent longtemps l'arrivée des fonds pour se lancer dans la vie. J'avais frappé à toutes les portes (celles de ma famille, des connaissances, des organismes, des banques et des structures gouvernementales), mais sans succès. À mes vingt-huit ans, ils n'étaient toujours pas dans mes poches.

C'est alors que je me fis cette réflexion : « comment devenir en partant de rien ? » Ce questionnement m'obligea à découvrir ce qui a permis à certaines personnes de devenir riches à partir de rien. Car lorsqu'il est question de devenir riche, certains principes sont incontournables. L'un des principes capital est celui que je traite dans ce livre intitulé La chèvre de ma mère. Il consiste à construire son capital avec les moyens du bord dont on dispose plutôt que de l'attendre indéfiniment. Incrédule au départ, je me demandais : « Comment se construire un patrimoine avec un revenu aussi faible qui est le mien ? J'arrive à peine à joindre les deux bouts. » En effet, à cette époque, je gagnais environ 15 $ par mois.

Après un moment d'hésitation, repensant à l'histoire de la chèvre de ma mère, je me résolus aussitôt à appliquer ledit principe. Après un début difficile, je finis par construire petit à petit un capital. Et quelques années plus tard, à mes trente-cinq ans, j'avais déjà un patrimoine de plus d'un million de dollars américains. Pendant ce temps, beaucoup d'amis et aînés continuaient à attendre des fonds malgré les années passant.

La Bible ne dit-elle pas « À celui qui a, on ajoutera, à celui qui n'a pas, on retranchera le peu qu'il devrait avoir » ? D'où, si vous n'avez rien, il y a beaucoup de chance qu'aucune banque ne vous fournisse les fonds que vous espérez. Mettez-vous à construire votre pécule ; plus vous aurez d'argent, et plus vous aurez la chance d'en obtenir.

Ce livre, essentiellement basé sur mon expérience personnelle de la prospérité et sur celles de plusieurs individus dont j'ai étudié le succès financier, va vous révéler le principe qui m'a permis de partir de strictement rien et de faire fortune. Son but est d'aider ceux qui désirent réussir leurs vies financières, en partant du néant. Grâce à des exemples et des illustrations diverses, ils pourront acquérir une connaissance pratique sur la nature du principe, la meilleure façon de l'appliquer, les difficultés qui peuvent surgir et sur les stratégies pour les surmonter, jusqu'à générer d'heureux résultats concrets : la richesse financière. Il enseigne non seulement la manière d'obtenir l'argent, mais surtout de le garder et de le faire fructifier.

Comme vous le découvrirez, grâce au principe appris de la chèvre de ma mère, j'ai pu transformer ma vie de pauvre misérable en celle d'un millionnaire, et ce en moins de sept ans. Et comme la façon la plus rapide et la plus universelle pour réussir consiste à apprendre auprès de ceux qui ont réussi, vous trouverez ici le point de départ vers votre propre richesse.

Enfin, je vous prie, à votre tour, de bien vouloir raconter cette histoire simple de la chèvre de ma mère à vos amis, parents, employés et membres de votre église ou de votre communauté, car je suis convaincu que tout le monde peut changer sa vie en connaissant et en appliquant cette loi. Le plus grand bien que je peux faire aux autres n'est pas de leur distribuer ma fortune, mais de leur faire partager ce moyen simple qui leur permettra de ne plus manquer d'argent comme le dit l'adage chinois : “mieux vaut apprendre à quelqu'un à pêcher plutôt qu'à lui donner du poisson”. Quand vous aurez fini la lecture de ce livre, revenez sur cette page pour répondre à ces questions :

- Pouvez-vous aussi devenir riche ?
- Quel est le secret ?
- Avez-vous compris le chemin qui mène vers la richesse ?
- Êtes-vous prêt à appliquer ces principes ?

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Première partie : La chèvre de ma mère

1. Voici l'histoire de la chèvre de ma mère

Mon père biologique était un homme très entreprenant. Lorsque je suis né, en 1979, il disposait d'une grande ferme contenant des plantations de café, des troupeaux de bœufs, des chèvres, des moutons et des volailles. Il était sans doute l'un des plus riches du village et de la contrée. Nous mangions de la viande à volonté et notre vie était agréable.

Mais, un beau jour, alors qu'il était à peine dans la quarantaine et moi six ans, il tomba malade. Son état de santé se détériorait très vite et il décéda. Ce fut un certain Jeudi saint de 1986. Il fut enterré le Vendredi saint au soir, le village n'ayant pas de morgue pour garder le corps. Notre peine s'associa à celle de Jésus sur la croix.

Notre vie bascula en une fraction de seconde juste après son enterrement. Car, selon la coutume en vigueur dans notre village perdu d'Afrique, les biens d'un homme n'appartiennent pas à ses enfants, mais à sa famille, et donc à son clan. Mes cousins paternels étaient dès lors des héritiers légitimes des avoirs de mon père, leur oncle. Ce système se nomme le matriarcat. Il est en vigueur dans certains coins du continent africain. Il s'agit vraisemblablement de la forme la plus primitive de l'organisation sociale. Mais, hélas ! la tradition étant sacrée, qui pourrait la remettre en cause ? Surtout pas ma mère qui avait grandi dedans !

Nous devions donc quitter la maison paternelle et laisser tous les biens, y compris nos lits en bois et nos gobelets en plastique. Cependant, en signe de reconnaissance et par pitié pour nous, on offrit généreusement à ma maman et à la co-épouse de son mari (mon défunt père étant polygame) une chèvre à chacune.

C'est de ce drame familial que naquit cette fameuse histoire de la chèvre de ma mère qui me conduisit à construire mon propre capital à partir de petites économies. Mes auditeurs aiment souvent que je la leur raconte dans mes conférences. Par la suite, ils m'ont vivement encouragé à l'écrire sous forme de livre ; c'est ce que j'ai fait, afin d'aider tous ceux qui cherchent à se lancer dans la vie sans argent et qui n'ont pas l'occasion d'assister à mes conférences. Selon eux, cette analogie avec la chèvre de ma mère permet de mieux comprendre le secret grâce auquel je suis parti de strictement rien et de bâtir une grande affaire me rendant millionnaire en sept ans seulement.

Nous nous mîmes alors en route vers le village de ma mère, située à quelque dix kilomètres de la ferme, laissant derrière nous cette dernière avec ses plantations vertes de café, ses troupeaux et ses volailles. Ma mère rentrait ainsi au bercail avec ses cinq enfants et une chèvre après avoir été mariée durant un quart de siècle avec mon père qui nous avait laissés seuls face à une tradition impitoyable.

Notre chèvre, attachée à une corde, marchait devant nous sous la direction d'un frère aîné du nom de Patrice. Une chèvre, oui, cette chèvre ! C'était notre seul héritage, notre seule richesse. Notre vie en dépendait. Mais, en tant qu'enfants, nous étions trop jeunes pour comprendre pleinement la situation dans laquelle nous nous trouvions à ce moment-là. Mais, route faisant vers le village de ma maman, les larmes incessantes qui coulaient continuellement sur ses joues nous laissaient entendre que ce voyage n'était pas une randonnée touristique…

2. Pourquoi la chèvre ne devrait-elle pas être tuée ?

Arrivés au village, nous dûmes faire face aussitôt à une vie très difficile sur tous les plans. Les habitudes, spécialement alimentaires, n'étaient plus les mêmes. Oui, la vie peut vraiment basculer, croyez-moi ! Nous refusions ce nouveau régime alimentaire basé essentiellement sur des feuilles de manioc, de patates douces ou de courges, préférant notre viande habituelle. Dès lors, nous demandions quotidiennement et avec insistance à maman de tuer la chèvre pour la manger.

Notre mère souffrait terriblement de cette situation. Et pourtant, malgré ce fait et nos incessantes supplications, elle refusait de commettre cet acte. Nous étions déçus de son comportement et la considérions comme méchante.

Un beau soir du mois de mai 1986, elle nous réunit autour du feu de bois et nous expliqua sa décision, les larmes aux yeux : « Je fais cela pour votre bien, car si nous ne mangeons pas cette chèvre immédiatement, nous pouvons espérer sortir de la situation actuelle. Mais si, par contre, nous la mangeons aussitôt, après cela nous ne pourrons plus jamais nous en sortir. Comme je n'aurai plus de quoi subvenir à vos besoins, en conséquence, vous allez mourir l'un après l'autre. » Sur quoi les aînés se mirent à pleurer, car ils avaient enfin pris conscience de la gravité de notre situation.

Plus tard, j'appris que, dans la seconde situation, j'aurais été le premier à mourir, étant le plus jeune et donc le plus fragile. Effrayés à l'idée que nous risquions notre vie, ils demandèrent à ma mère de ne pas la tuer, Dieu merci ! On lui donna alors le nom de Mussoluoni (« Source de la vie »). En évoquant ce souvenir, l'émotion me gagne.

Mussoluoni, cette seule chèvre de laquelle dépendait toute notre vie, mangeait dans nos mains. Elle passait ses soirées accroupie, à côté de nous, autour du feu, au lieu d'être avec les autres chèvres du village, sentant l'affection et l'attention que toute la famille lui portait. La nuit, elle dormait à la porte de notre case en paille. Elle savait combien d'elle dépendait nos vies.

3. Enfin, le miracle s'accomplit très vite

Mussolouni, l'unique chèvre de laquelle dépendait tout notre avenir, commença à prendre du poids. Et un beau matin, à la grande surprise de toute la famille, le miracle surgit : elle donna naissance à une petite jolie chèvre. Vous ne pouvez imaginer notre joie et notre excitation. Nous avions à présent deux chèvres. Puis, quelques mois après, Mussolouni mit encore bas, cette fois-ci de jumelles.

Les chèvres ne sont pas comme des vaches qui attendent plusieurs années pour se multiplier ! La scène se répéta régulièrement. L'animal était décidé à nous sauver. Elle engendrait des jumeaux ou des triplés. Ses petits, à leur tour, procréèrent par une combinaison incroyable.

Quelques années plus tard, la famille possédait un troupeau de chèvres et de boucs qui nous servait pour tous nos besoins, tant en termes de scolarité que d'alimentation. Nous avions retrouvé notre situation d'avant la mort de notre père.

4. L'avenir sacrifié

Vous savez désormais ce qui s'est passé avec la chèvre de ma mère. D'elle est né un grand troupeau. Mais qu'en était-il de celle de ma belle-mère ? Elle aussi s'était rendue au village de ses oncles avec nos « demi-frères orphelins » et leur chèvre pour mener une vie de souffrance. Confrontée à des difficultés d'alimentation et à d'autres besoins urgents, elle se résolut à tuer et à manger son animal sans trop attendre.

Sa chèvre fut donc sacrifiée avant d'avoir une descendance, tout cela pour une satisfaction immédiate. Nous apprîmes la nouvelle un beau jour lorsqu'elle nous rendit visite au village de ma mère.

Entre parenthèses, je tiens à vous préciser que ces deux femmes étaient en réalité des rivales, comme l'on dit aujourd'hui, même si nous pensions qu'elles étaient des sœurs (l'aînée et la cadette) d'une même famille tellement elles paraissaient s'entendre merveilleusement bien. Je me demandais comment mon père avait réussi un tel exploit.

Notre belle-mère nous avoua qu'elle n'en pouvait plus de voir pleurer ses enfants qui réclamaient de la viande. Elle était très étonnée lorsqu'elle constata que nous possédions un grand troupeau de chèvres. Elle prit conscience qu'en sacrifiant son animal elle avait ainsi choisi la satisfaction immédiate aux dépens d'un avenir heureux.

5. De nouveaux maîtres et l'extermination des chèvres

Alors que de Mussolouni naquit un grand troupeau, qu'en était-il des nombreuses chèvres de nos cousins ? Le troupeau avait-il doublé ou triplé ? Rien du tout ! Ces derniers les avaient exterminées, tout comme leurs bœufs, les moutons et leur volaille, dans un espace de temps relativement court. Que voulez-vous ? Il est difficile, dit-on, de bien administrer les biens non acquis par ses propres efforts.

Ce fut le cas pour nos cousins qui se retrouvèrent, du jour au lendemain, maîtres de l'héritage de leur oncle, mon père. Contrairement à ce dernier qui était éleveur, eux étaient fils biologiques de chasseurs. Dès lors, ils tuèrent le bétail de leur défunt oncle comme leurs pères abattaient les antilopes dans la forêt.

Par cette pratique, ils vidèrent toute la ferme de ses troupeaux. Un jour, alors que j'avais dix ans, ma mère, mes frères et moi visitâmes l'exploitation. Il n'y avait plus aucune chèvre ni aucun mouton. Nous fûmes très étonnés.

Et comme j'étais encore trop jeune pour savoir me taire, je...

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