Psychologie / Comment dominer le stress et les soucis
Psychologie Couverture du livre Comment dominer le stress et les soucis de Dale Carnegie

Comment dominer le stress et les soucis

Dale Carnegie

Ce livre propose des principes simples et concrets pour apprendre à gérer les inquiétudes qui perturbent notre esprit et notre quotidien. Il aide à mieux comprendre l'origine du stress, à adopter des méthodes efficaces pour calmer ses pensées et à aborder les difficultés de la vie avec plus de sérénité et de confiance.

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INTRODUCTION

POURQUOI ET COMMENT J'AI ÉCRIT CE LIVRE

Il y a une trentaine d'années, j'étais l'un des hommes les plus malheureux de New York. Je gagnais ma vie en vendant des camions. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui pouvait bien se passer dans un moteur, et, d'ailleurs, je ne tenais pas à le savoir. Je n'aimais pas du tout mon travail. Je détestais ma petite chambre triste et sombre, dans la 56ᵉ Rue. Je me souviens encore des cafards qui se cachaient derrière mes cravates suspendues à un crochet sur le mur. Prenant mes repas dans des restaurants minables, eux aussi infestés de cafards, je méprisais ma condition.

Chaque soir, en rentrant dans ma mansarde, je souffrais de migraines manifestement causées par ces sentiments de frustration et d'angoisse. J'étais révolté parce que les rêves que j'avais nourris autrefois, au collège, s'étaient transformés en cauchemars. Était-ce donc cela, la vie ? Était-ce vraiment cela, l'aventure passionnante que j'avais attendue avec impatience ? Ce travail fastidieux, cette existence pénible : était-ce là tout ce que la vie me réservait, sans autre perspective ?

Je voulais vraiment du temps pour lire, et surtout pour écrire des ouvrages auxquels je pensais depuis l'université. Je n'avais rien à perdre. Ce n'était pas la fortune que je recherchais mais une vie passionnante. Bref, je sentais que j'étais à la croisée des chemins, à cet instant décisif auquel arrivent la plupart des jeunes qui veulent choisir leur voie.

Je pris donc une résolution, qui transforma complètement mon existence. Depuis, ma vie est plus heureuse et mieux remplie que je n'avais jamais osé l'espérer. Voici ce que fut cette décision : quitter mon emploi pour me lancer dans la formation d'adultes. De cette façon, je disposerais de mes journées pour lire, préparer des conférences, écrire des nouvelles et peut-être même des romans. C'était là mon but : vivre pour écrire et écrire pour vivre.

Que pouvais-je bien enseigner à des adultes ? En considérant ce que j'avais étudié, je m'aperçus que l'apprentissage de la parole en public m'avait été plus utile que tout le reste de mes études. Pourquoi ? Parce que savoir parler en public avait fait disparaître mon manque de confiance et m'avait donné l'assurance nécessaire pour m'adresser facilement à des inconnus. De plus, j'ai vite compris que les responsabilités sont le plus souvent confiées aux personnes capables de se lever et d'exprimer clairement leurs pensées.

Je sollicitai donc un poste de professeur de prise de parole en public aux Universités de Columbia et de New York. Malheureusement, ces messieurs estimèrent qu'ils pouvaient fort bien se passer de mes services ! Je fus très déçu.

Mais ce refus s'avéra salutaire : je me mis tout de suite à organiser des stages, seul, de façon indépendante. Je devais obtenir rapidement des résultats pratiques et tangibles. Les stagiaires ne venaient pas pour décrocher des diplômes universitaires ou gagner un vague prestige social. Ils attendaient un « training » et des solutions à leurs préoccupations quotidiennes. Les cadres et dirigeants voulaient apprendre à s'exprimer de façon claire, nette et affirmée dans les réunions professionnelles. Les commerciaux souhaitaient pouvoir se présenter et argumenter avec conviction, même chez un client difficile.

Les divers participants désiraient tirer un meilleur parti de leur personnalité, augmenter leurs responsabilités, accélérer leur réussite. Et comme ils payaient à chaque séance, ils auraient bien entendu cessé de venir si mon entraînement ne leur apportait rien. Il me fallait donc obtenir rapidement des résultats concrets et manifestes si je voulais gagner ma vie.

Au début, j'eus l'impression de travailler dans des conditions très difficiles, mais à présent, je me rends compte que je recevais, en réalité, une stimulation exceptionnelle. J'étais forcé d'illustrer par des exemples pratiques tout ce que je disais à mes participants. Je devais les aider à atteindre leurs objectifs, résoudre les difficultés qu'ils rencontraient et rendre chaque séance tellement intéressante que l'idée d'abandonner ne puisse même pas les effleurer.

Ce fut passionnant. Dès le premier jour, je me sentis emballé par ce travail. Avec une rapidité surprenante, ces hommes d'affaires, cadres, ingénieurs et commerciaux prenaient de l'assurance, s'exprimaient avec plus de conviction, développaient leurs affaires, augmentaient leurs résultats. Cette réussite dépasse tous mes espoirs. D'abord, je crus pouvoir me limiter à la prise de parole en public, mais, bientôt, je me rendis compte d'un besoin immense : celui de mieux dominer le stress et les soucis.

J'entrepris des recherches dans la plus grande bibliothèque de New York. À ma surprise, je ne pus trouver sur « Stress », « Soucis » et « Tracas » que vingt-cinq ouvrages, alors que sous le seul titre « Tortue » figuraient cent quatre-vingt-dix livres ! Voilà qui était extraordinaire, surtout quand on considère que le stress est un trait marquant de ce siècle. De toute évidence, bien plus que notre équilibre, la tortue passionne les savants. Résultat ? D'innombrables lits d'hôpitaux sont occupés par des malades souffrant de troubles psychosomatiques.

Comme aucun des vingt-cinq ouvrages ne pouvait servir de manuel à mes stages, je décidai d'écrire moi-même un livre sur la lutte contre cet ennemi de notre système nerveux. Je me suis attelé à cette tâche en commençant par étudier tout ce que les philosophes, de l'Antiquité à nos jours, ont écrit à ce sujet. J'ai lu également des centaines de biographies, de Confucius à Churchill. J'ai interviewé des dizaines de personnalités célèbres, telles que les généraux Bradley et Clark, Henry Ford, Mrs. Eleanor Roosevelt, le champion du monde de boxe Jack Dempsey.

Finalement, j'ai interrogé des gens comme vous et moi. Non pas un vague « Mr. Jones » ou « une certaine Mrs. Smith » que personne ne pourra identifier, mais des êtres en chair et en os qu'un lecteur sceptique pourra toujours retrouver. Mon livre est ainsi illustré de faits authentiques et contrôlables.

« La Science, a dit Paul Valéry, est une collection de recettes éprouvées. » Cet ouvrage n'est pas autre chose : une collection d'expériences vécues pour mieux dominer le stress et les soucis. Vous y trouverez un grand nombre de ces précipites de sagesse que beaucoup connaissent et que presque personne n'applique.

En écrivant ce livre, je me propose de rappeler et mettre en valeur certaines vérités essentielles, de les graver dans votre esprit pour vous motiver à les appliquer. Dale Carnegie

CHAPITRE 1

COMMENT COMPARTIMENTER VOTRE VIE

Au printemps 1871, un jeune homme trouva dans un livre une phrase qui influença profondément sa vie. Il était étudiant en médecine à l'hôpital général de Montréal, et son existence était littéralement empoisonnée par le stress qui le poursuivait : la crainte d'échouer à ses examens, le choix de la localité où il allait s'établir, la difficulté de se faire une clientèle, le souci du quotidien. Or, une phrase lue par hasard allait l'aider à devenir le médecin le plus célèbre de sa génération. Fondateur d'une école de médecine de réputation universelle, l'institut John Hopkins, il fut nommé doyen de la faculté d'Oxford, la plus haute dignité à laquelle un disciple d'Esculape puisse accéder.

C'était Sir William Osler. La phrase qu'il avait lue était de l'écrivain écossais Thomas Carlyle. Elle indique un moyen remarquable pour mener une vie protégée du stress et des soucis : « L'important n'est pas de voir ce qui se profile confusément au loin, mais de faire ce qui est nettement à portée de main. »

Quarante-deux ans plus tard, par une belle nuit d'été, ce même homme, William Osler, s'adressant aux étudiants de l'Université de Yale, fit un aveu étonnant : « On estime généralement, expliqua-t-il, qu'un homme comme moi, écrivain et titulaire de quatre chaires universitaires, possède nécessairement une intelligence supérieure. C'est totalement faux ! Mes proches le savent parfaitement... »

Quel était alors le secret de sa brillante carrière ? Sir Osler déclara qu'il la devait essentiellement à ce qu'il appelait l'habitude de cloisonner son existence en compartiments étanches. Que voulait-il dire par là ? Quelques mois avant cette conférence à Yale, le célèbre médecin avait traversé l'Atlantique sur un grand paquebot. Le capitaine, sur sa passerelle, pouvait, d'une simple pression sur telle ou telle commande, mettre en œuvre un dispositif qui cloisonnait les différentes parties du bâtiment, transformant chacune d'elles en un compartiment parfaitement étanche.

« Eh bien, poursuivit Sir Osler, chacun d'entre vous constitue un ensemble infiniment plus complexe, plus merveilleusement organisé que ce grand paquebot et chacun d'entre vous va entreprendre un voyage beaucoup plus long que le trajet Europe-Amérique. Je vous recommande donc avec insistance d'apprendre à contrôler votre esprit de manière à pouvoir diviser votre existence en compartiments étanches. C'est le moyen le plus sûr de garantir votre sécurité durant votre parcours. Montez sur la passerelle, et vérifiez le fonctionnement des cloisons principales. Actionnez une commande et écoutez, à chaque étape de votre vie, les portes de fer se refermer sur le passé, cet “hier” qui est éteint et qui doit le rester. Actionnez une autre commande et barricadez le chemin du futur ! Alors vous serez en sécurité aujourd'hui !

« Le fardeau de demain, plus celui de la veille, portés aujourd'hui, forment un poids tel qu'il fera fléchir le plus fort. Bloquez l'avenir aussi sûrement que le passé. L'avenir c'est aujourd'hui. Le jour de votre salut est celui que vous vivez en ce moment. Le gaspillage des forces, le stress qui ronge les nerfs sont autant d'obstacles qui feront trébucher l'homme inquiet d'un lendemain. En résumé, fermez bien les cloisons avant et arrière, et imposez-vous la discipline de vivre en “compartiments étanches”. »

Le Dr Osler voulait-il dire que nous ne devrions faire aucun effort pour nous préparer au lendemain ? Certainement pas. Il expliqua, dans la suite de son discours, que la meilleure façon de se préparer aux échéances du lendemain, c'est précisément de consacrer au travail du jour toute l'intelligence et tout l'enthousiasme dont on dispose, afin de l'accomplir au mieux. Bien sûr, il faut penser au lendemain, élaborer soigneusement ses projets et prendre les mesures nécessaires à leur exécution. Evitez seulement de...

Ce que ce livre a apporté aux lecteurs

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