Amour / Ce que j'aurais aimé savoir avant de me marier
Amour Couverture du livre Ce que j'aurais aimé savoir avant de me marier de Gary Chapman

Ce que j'aurais aimé savoir avant de me marier

Gary Chapman

Ce livre aborde de manière pratique les réalités du mariage souvent ignorées avant l'engagement. Il met en avant les aspects essentiels à comprendre pour construire une relation durable, aide à mieux se préparer à la vie de couple et à poser des bases solides pour une relation épanouie et équilibrée.

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Introduction

À l'université, j'ai choisi de me spécialiser en anthropologie. Je suis allé jusqu'au master, mais je ne me suis pas arrêté là : pendant plus de quarante ans, j'ai continué à étudier les cultures et les sociétés. Et j'en suis arrivé à une conclusion très claire : le mariage entre un homme et une femme est le fondement de toute société humaine. Il est logique qu'une fois adultes, nos enfants se marient. En 2009, le nombre de mariages célébrés en Europe s'est élevé à 2,3 millions1. Plus de 2 millions de personnes ont donc répondu : « Oui, je le veux », à la question : « Acceptez-vous de prendre ……… pour époux(se) ? »

Au moment du mariage, la majeure partie des couples s'imaginent qu'ils vont « vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants ». C'est une évidence, personne ne se marie dans l'espoir d'être malheureux ou de rendre son conjoint malheureux. Pourtant, nous savons que le taux de divorce est très élevé en Occident. En 2008, on a enregistré environ 1 million de divorces dans l'ensemble des pays de l'Union européenne2.

Lorsque les gens se marient, ce n'est pas en pensant au divorce. Le divorce est dû à un manque de préparation au mariage et à l'incapacité, pour les deux conjoints, d'apprendre à fonctionner ensemble, comme une équipe, dans une relation d'intimité. Le comble, c'est que nous reconnaissons l'importance de la formation dans toutes sortes de domaines, mais que nous ne parvenons pas à reconnaître ce besoin lorsqu'il s'agit du mariage. La plupart des gens se préparent beaucoup mieux pour leur vie professionnelle que pour leur mariage. Il n'est donc pas surprenant qu'ils aient plus de facilité à réussir leur carrière qu'à construire un mariage heureux.

La décision de se marier a une plus grande incidence sur la vie d'une personne que bon nombre d'autres décisions qu'elle peut prendre. Malgré cela, les couples continuent à se précipiter dans le mariage en étant peu, voire aucunement, préparés. En fait, ils consacrent bien plus de temps à organiser la fête elle-même qu'à envisager la vie conjugale. Mais la fête ne dure que quelques heures, tandis que le mariage – c'est à espérer – dure toute la vie.

Le but de ce livre n'est pas de vous aider à organiser votre journée de mariage mais de vous donner des pistes pour réussir votre vie de couple. Cela fait plus de 30 ans que je conseille des personnes dont les rêves de bonheur conjugal ont été brisés par la réalité bien concrète du linge sale, des factures non payées, des horaires de travail incompatibles et des bébés qui pleurent. Grâce à leur persévérance (et à de nombreux entretiens), plusieurs de ces couples ont pu continuer leur vie à deux et connaître finalement un mariage heureux. J'en suis reconnaissant.

J'ai la conviction qu'un grand nombre de ces souffrances auraient pu être évitées si les personnes concernées avaient pris le temps de bien se préparer au mariage. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité écrire ce livre. Mon désir, c'est que vous puissiez apprendre de leurs erreurs ; ce sera beaucoup moins douloureux que d'apprendre des vôtres. J'aimerais que vous puissiez avoir la vie de couple à laquelle vous aspirez, caractérisée par l'amour et le soutien mutuels et par un bonheur partagé. Je peux toutefois vous dire avec certitude que ce genre de mariage n'arrive pas simplement quand vous vous mariez. Il vous faut prendre le temps de découvrir les conseils qui ont fait leurs preuves dans ce domaine et les mettre en pratique.

Si vous ne fréquentez pas actuellement et que vous n'envisagez pas de vous marier dans un avenir proche, ce livre vous préparera à passer du célibat au mariage. Si vous fréquentez sans vous être encore fiancé(e), il vous aidera à savoir si un mariage peut être envisagé et, si oui, quand cela peut être annoncé à votre entourage. Enfin, si vous êtes déjà fiancé(e), il vous aidera à comprendre ce qui fait le fondement d'un mariage heureux et vous donnera des pistes pour y parvenir.

Quand je repense aux premières années de mon mariage, je regrette que personne ne m'ait dit alors ce que je m'apprête à vous dire au travers de ces pages. Je pense honnêtement que j'aurais écouté. À l'époque, cependant, la notion de « préparation au mariage » n'existait pas. J'espère que les expériences que je relate, tirées de ma propre vie de couple, vous aideront à éviter certaines des souffrances et des frustrations que Karolyn et moi avons connues.

Ne vous contentez pas de lire cet ouvrage. Mettez-le en pratique ! Pour vous préparer au mieux au mariage, efforcez-vous de voir en face les réalités qui y sont présentées et les problèmes qui y sont soulevés, exprimez honnêtement ce que vous pensez et ressentez au sujet des thèmes abordés, puis respectez l'avis de l'autre et trouvez des solutions réalistes lorsque vous voyez les choses différemment. Si vous ignorez ces questions et choisissez de croire que vos sentiments amoureux réciproques vous porteront jusqu'au bout, vous allez au-devant d'un échec. Je souhaite pour vous que vous vous prépariez au mariage comme s'il s'agissait de la relation humaine la plus importante de votre vie. Si vous vous y consacrez pleinement, vous trouverez le chemin du bonheur conjugal auquel vous aspirez.

Ne l'oubliez pas, la fête n'est que le commencement ! Gary Chapman

Chapitre 1
« Si seulement j'avais su… que le fait d'être amoureux ne suffit pas pour construire un mariage heureux »

Cela aurait dû être évident, mais à ce moment-là, je ne l'ai pas compris. Je n'avais jamais lu d'ouvrages sur le mariage, et j'étais donc bien loin de la réalité. Je savais juste que j'éprouvais des sentiments pour Karolyn et que ceux-ci ne ressemblaient en rien à ce que j'avais pu ressentir pour d'autres filles. Lorsque nous nous embrassions, j'avais l'impression de m'envoler, et quand je la revoyais après une absence prolongée, j'en avais des frissons. Tout me plaisait chez elle : je la trouvais jolie, j'aimais sa manière de s'habiller, sa façon de parler, de marcher, et j'étais surtout fasciné par ses yeux bruns. Je m'entendais même bien avec sa mère ; je me suis d'ailleurs porté volontaire pour repeindre sa maison. J'étais prêt à tout pour faire savoir à cette fille combien je l'aimais. Je ne pouvais pas imaginer une jeune femme plus merveilleuse. Et je pense qu'elle avait les mêmes sentiments à mon égard.

Forts de ces bonnes dispositions, nous avions la ferme intention de nous rendre mutuellement heureux pour la vie. Cependant, nous avons vite déchanté : après six mois de mariage, les sentiments si romantiques qui nous transportaient dans un état d'euphorie s'étaient évanouis. Ils avaient laissé la place à la douleur, la colère, la déception et l'amertume. Ni elle ni moi n'avions prévu ce scénario lorsque nous étions « fous amoureux ». Nous pensions alors que nos bonnes impressions et nos sentiments réciproques nous accompagneraient tout le long du chemin.

Depuis que je conseille des couples qui désirent se marier, je me suis rendu compte que la plupart ont la même compréhension, très limitée, de ce que signifie « être amoureux ». Lors du premier entretien, je leur demande souvent : « Pourquoi voulez-vous vous marier ? » Et ils me répondent presque tous la même chose : « Parce que nous nous aimons. » Ensuite, je pose une question « piège » : « Que voulez-vous dire par là ? » Bien sûr, cela les surprend. Généralement, ils m'expliquent alors qu'ils éprouvent des sentiments très forts l'un pour l'autre, qui durent depuis un certain temps et qui, quelque part, sont différents de ceux qu'ils ont pu ressentir auparavant pour d'autres personnes qu'ils ont fréquentées. Et souvent, ils se regardent, regardent le plafond, rient bêtement, puis l'un des deux finit par dire : « Eh bien, hmmh… oh, vous savez. »

Aujourd'hui, avec le recul et l'expérience, je pense effectivement que je sais. Mais je doute qu'eux sachent réellement. Je crains qu'ils aient la même perception de l'amour que Karolyn et moi avions lorsque nous nous sommes mariés. Et je sais maintenant que le fait d'être amoureux ne suffit pas pour construire un mariage heureux.

Il y a quelque temps, un jeune homme m'a téléphoné pour savoir si je pourrais célébrer son mariage. Lorsque je lui ai demandé de me préciser la date, il m'a répondu que le grand jour aurait lieu… à peine une semaine plus tard ! Je lui ai expliqué que, généralement, j'avais entre six et huit entretiens avec les jeunes couples candidats au mariage. Ce qu'il m'a dit alors est assez classique : « En fait, pour être honnête avec vous, je ne crois pas que nous ayons besoin d'entretiens. Nous nous aimons vraiment et je ne pense pas que nous rencontrerons des problèmes. » J'ai souri, puis pleuré intérieurement : ce jeune homme était lui aussi victime de l'« illusion amoureuse ».

On emploie souvent l'expression « tomber amoureux ». Quand je l'entends, cela me fait penser à la façon dont on s'y prend pour chasser dans la jungle : on creuse un trou sur le chemin qu'emprunte l'animal pour se rendre à son point d'eau et on le recouvre de branches et de feuilles. Alors, la pauvre bête arrive, inconsciente du danger, puis, tout à coup, elle tombe dans le piège !

Telle est notre expérience du sentiment amoureux : nous avançons dans la vie, vaquant à nos tâches habituelles, quand, tout à coup, en regardant de l'autre côté de la pièce ou du couloir, nous le (la) voyons ! Et vlan, nous « tombons amoureux » ! Nous ne pouvons rien y faire. C'est quelque chose que nous ne maîtrisons pas. Sachant que nous sommes faits l'un pour l'autre, faits pour nous unir, nous nous disons que le plus tôt sera le mieux. Nous en parlons à nos amis, et comme ils voient les choses de la même manière, ils se disent eux aussi que, si nous sommes vraiment amoureux, il est temps que nous nous mariions.

Malheureusement, souvent, nous oublions de réfléchir à nos convictions sur le plan spirituel, à nos intérêts sur le plan intellectuel et culturel et à nos affinités sur le plan relationnel. Et nous ne nous rendons pas compte que, dans ces domaines, nous sommes complètement différents. Les valeurs auxquelles nous sommes attachés et les buts que nous poursuivons sont tout à fait contraires, mais… nous sommes amoureux. Ce qui est malheureux, avec cette conception de l'amour, c'est qu'une année après le mariage, le couple se retrouve dans le bureau d'un conseiller conjugal pour dire : « Nous ne nous aimons plus. » L'un comme l'autre sont prêts à se séparer : « S'il n'y a plus d'amour, vous ne vous attendez quand même pas à ce que nous restions ensemble !? »

Le « picotement du coup de foudre »

Le genre d'amour dont nous venons de parler correspond pour moi plutôt au « picotement du coup de foudre » : on ressent de fortes émotions, on éprouve une sensation de chaleur, de fourmillement, une admiration enthousiaste en pensant à une personne du sexe opposé. Ce sont ces « picotements » qui, par exemple, nous motivent à aller manger un hamburger avec elle. Parfois, ils disparaissent lors du premier rendez-vous : nous découvrons quelque chose sur l'autre qui nous refroidit brusquement. Lorsqu'il (elle) nous invite à nouveau à manger quelque part, nous n'avons pas faim. D'autres fois, c'est le contraire : plus nous sommes avec lui (elle), plus le sentiment s'intensifie. Nous commençons à penser à lui (elle) jour et nuit ; cela devient obsédant. C'est la personne la plus intéressante et la plus formidable que nous ayons jamais rencontrée ! Nous désirons être en sa compagnie aussi souvent que possible. Nous rêvons de partager le reste de notre vie avec elle et de la rendre heureuse.

Attention, ne me comprenez pas mal : ces sentiments ont leur importance ; ils sont bien réels, et je suis pour qu'ils durent. Cependant, ils ne constituent pas le fondement d'un mariage satisfaisant. Je ne dis pas qu'il faille se marier sans les éprouver. Ces émotions fortes, cette frénésie, ces palpitations, ce sentiment d'acceptation si agréable, cette sensation d'excitation au contact de l'autre, tout cela représente la « cerise sur le gâteau ». Mais une cerise ne fait pas le gâteau. Les nombreuses autres questions abordées dans ce livre sont essentielles et il est indispensable d'y réfléchir sérieusement avant de prendre le chemin du mariage.

Le fait d'être amoureux est une expérience profondément émotionnelle ; c'est un sentiment qui a quelque chose d'accaparant. Cependant, les émotions changent et les passions retombent. Selon des études, la durée de vie moyenne de cette sorte d'« obsession amoureuse » est de deux ans1. Pour certains, elle peut se prolonger un peu ; pour d'autres, elle peut être plus courte. Mais la moyenne est de deux ans, après quoi l'euphorie disparaît et les aspects de la vie dont nous ne tenions pas compte commencent à prendre de l'importance. Nos différences deviennent plus évidentes et nous finissons souvent par nous disputer avec la personne que nous trouvions si parfaite auparavant. Alors, nous constatons par nous-mêmes que le fait d'être amoureux n'est pas une base suffisante pour construire un mariage heureux.

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